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Je finirai mon livre demain – page 8 et dernière ?

Il y a quelques mois, j'ai évoqué la finalisation d'un livre, entreprise qui s'est révélée, au fil des pages, plus longue qu'attendue.

Le doute m'a envahi et mon cheminement a pris la forme d'une errance intellectuelle. J'ai vu la dernière page du livre s'éloigner et mon projet prendre la forme d'une utopie.

Extrait de mes réflexions :

Cette œuvre doit-elle avoir une fin ? Pourquoi le terminer à un moment et pas une ligne plus loin ? Pourquoi n'avoir utilisé qu'une seule et même langue et je dirai même, qu'un seul et même langage... alors qu'il en existe tellement et de plus, beaucoup moins prétentieux que le langage écrit ? Qu'apporter de plus à l'ouvrage collectif existant que nous avons conçu ensemble depuis des millénaires ? Quel esprit peut prétendre le synthétiser et le dépasser ? Pourquoi cette sensation que nous ne sommes pas au bout et que l'on peut encore avancer ? Un grand penseur n'avait-il pas prédit que l'on tournerait en rond ? Il a été démenti mais n'est-ce pas seulement l'interprétation de son propos qui a été remise en question ? Tout n'est-il pas subjectif comme le dirait un autre philosophe ? Ce grand auteur inconnu dont je n'ai lu que des passages mal compris ; lui-même se comprenait-il réellement ? Arrivait-il à faire deux relectures du même texte et à leur accorder un sens objectif ? N'avait-il pas envie d'ajouter une, deux, dix phrases à son ouvrage déjà imprimé ? N'avait-il pas envie de cracher au visage d'un éditeur soucieux du lecteur lambda.

Mais pourquoi un livre et pourquoi l'achever à l'heure du numérique ? Thèse, antithèse, prothèse et l'immensité du néant. Cette œuvre ne doit définitivement pas avoir de fin !

Je crois que tu te rends compte que la chaleur de l'été ne m'a pas fait perdre mon goût pour des interrogations passionnantes et aussi profondément infinies. Celles-ci n'en terminent pas moins dans la lassitude. Tu dois d'ailleurs à ce stade probablement être le dernier lecteur à ne pas avoir quitté l'écran et pour te récompenser je t'offre un cadeau.

Oui.

Ces écrits n'ont pas été inutiles. Je découvre que le mouvement qui m'anime va bien au-delà des mots qui, il faut l'admettre, sont bien trop limités lorsque l'on a la maigre ambition de mettre à jour l'univers.

C'est décidé, demain c'est bien plus et beaucoup moins qu'un livre que je vais graver et alors que mon projet grandit, il gagne également en humilité.

Je lui ôte toute notion de temps et d'espace précis et il retrouve sa réelle identité. Ce texte accessible de partout, peut exister ou disparaître d'un jour sur l'autre, on peut le mettre à la corbeille ou changer d'onglet de navigation. Il peut aussi perdurer et se transformer.

Voilà, j'aimerais avant de te dire à demain ou à hier (si tu es nostalgique de mes vieux écrits), illustrer mon propos en enrichissant mon œuvre d'une photo captée du côté de Tallinn : "The time we had" (Les moments que nous avons passés ensemble).

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