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Je finirai mon livre demain – page 7

Cher être humain, je dois te confirmer que des barrières irréductibles te séparent d'un autre membre de ton espèce. L'illustration la plus évidente est cet écran qui m'empêche de te voir, qui n'est pourtant pas la limite la plus infranchissable.
Si loin que je sois de toi je commence à discerner tes traits.

Je t’ai étudié.
Je me souviens de toi, dans une scène typique de la fin du XXème siècle, dans la banlieue de Paris. Tu avais une bombe de peinture dans la main et suivais la tradition de l'homme des cavernes perpétué par le tagueur new-yorkais. Tu t'exerçais toi aussi à l’écriture.
Tu cherchais une place, un espace où graver un nom de superhéros.
Tu détruisais en même temps que tu créais, parfois dans un même mouvement plein de toutes tes contradictions.

J'ai vécu avec toi.
Loin des livres et des écrans d'ordinateur, j'ai voyagé pour aller te saluer dans plusieurs continents et en plusieurs langues, dans des strates sociales et dans des lieux divers.
Je me suis parfois brulé en t'approchant de trop près. Je me suis réfugié loin de toi et je me suis penché vers moi avant de revenir à ta rencontre et t'écrire ce livre.

Construire un pont entre toi et moi, entre ta folie et ta raison, entre ton énergie brute et ton esprit formaté...
Me contenter de te saisir au vol car tu changes à toute vitesse, sans savoir comment arriver au bout de ces pages, même si chaque ligne m'approche un peu plus de l'objectif.
Je me sens plus proche de toi, plus qu'hier, moins que demain et j'en conclus que je ne finirai pas mon livre aujourd’hui.

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